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  1. avril 9, 2015 by Webmaster

    « TRAVERSÉE »

     

    invite

     

    Thierry MAGNIN


    Recteur de l’Université Catholique de Lyon

     

     

     

    « Penser l’humain

    au temps de l’homme augmenté »

     

     

    Conférence-débat

    Vendredi 19 Janvier 2018 à 20h30

    Auditorium du Conservatoire

    51, rue d’Isle – Saint-Quentin

     

     

    LE TRANSHUMANISME ou l’HOMME AUGMENTÉ !

    Jusqu’où les avancées technologiques de la médecine vont-elles nous conduire ?

    Avril 2015 : une équipe de généticiens chinois font état de leurs travaux réalisés sur des embryons humains afin de « réparer » et même  »d’améliorer » le génome de leurs cellules.

    Les biotechnologies sont aujourd’hui à même de modifier le patrimoine génétique des individus, comme on le fait, depuis déjà de nombreuses années – les fameux OGM -, pour les grains de riz, de maïs ou de blé.

    Quelles possibilités pour les êtres humains si ces modifications génétiques leur étaient appliquées : « augmenter » tel ou tel trait de caractère ? « augmenter » à volonté l’intelligence, la taille, la force physique ? en choisir le sexe, la couleur des cheveux ou des yeux ?

    Si ces opportunités peuvent paraître peu importantes, et même dérisoires pour certaines d’entre elles, car relevant plutôt du confort et de l’esthétique, on peut aussi y voir des ouvertures d’ordre thérapeutique : la possibilité de « réparer » dans le vivant ce qui aura été altéré par la maladie, de même que celle de modifier une cellule « défectueuse » pour empêcher une maladie de se développer.

    Ces possibilités thérapeutiques ne sont assurément pas sans intérêt. Comment, en effet, ne pas les envisager face à la maladie déjà là ou future, et même face à la maladie seulement potentielle ?

    Des parents ne pourraient-ils pas se voir reprocher par leurs enfants, au plan judiciaire éventuellement, de ne pas avoir engagé les modifications génétiques nécessaires au moment où les anomalies pouvaient être détectées.

    Plus encore, l’absence de diagnostic ne serait-elle pas en soi une faute, susceptible donc d’entraîner une mise en cause et donc une réparation ?

    Certains voient dans ces nouvelles biotechnologies la possibilité de corriger l’inégalité des individus.

    Ceux-ci, plus ou moins bien dotés à leur naissance de capacités intellectuelles ou physiques, seraient génétiquement « augmentés » et disposeraient alors des qualités leur permettant de faire face aux attentes et aux exigences de ce que sera leur vie, que ce soit au plan professionnel, social ou personnel.

    D’autres pensent que l’homme sera à même de repousser toujours plus loin la mort et même de vaincre celle-ci. En tout cas, force est de constater que ces projets font l’objet de programmes de recherche mobilisant des sommes considérables.

    Vaste débat qui ne fait que commencer devant la complexité des problématiques ainsi posées et face au malaise qui en résulte. Ainsi, au nom de quoi, dans quelles circonstances, avec quelles motivations, l’homme pourrait-il, ou devrait-il, se permettre ou s’abstenir de procéder à ces modifications génétiques ? Si la distinction entre le  »réparer » – la thérapie – et « l’améliorer » peut aider au discernement entre ce qui serait ou pas légitime, il faut aussi voir que cette distinction reste subtile dans bien des situations.

    Pour nous aider dans cette réflexion, Traversée a fait appel au Père Thierry Magnin, recteur de l’Université Catholique de Lyon. Docteur en Sciences Physiques, docteur en Théologie, le Père Thierry Magnin a publié de nombreux ouvrages, et notamment :

    - Paraboles scientifiques, Nouvelle Cité, 2000,
    L’univers a-t-il un sens ?, avec Jean Audouze, Controverses/Salvator, 2010
    Les nouvelles biotechnologies en question, Salvator, 2013,
    Le scientifique et le théologien en quête d’Origine, Desclée de Brouwer, 2015. – Penser l’humain au temps de l’homme augmenté, Albin Michel, 2017.

    C’est précisément ce dernier ouvrage qui alimentera nos échanges au cours de cette soirée.